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Paris 2017-2025 : l'agglomération ne s'étend plus, sauf à Roissy et à Saclay

14 août 2026 Par L'équipe SAD Marketing 5 min de lecture
Sommaire de l'article

Sur les onze métropoles de notre série « où la France se construit », Paris est celle qui produit le plus de logements — 511 530 autorisés en dix ans dans un rayon de 25 km — et celle qui consomme le moins de sol neuf pour les loger. Le détecteur d’artificialisation y signale 3 313 hectares devenus bâtis entre 2017 et 2025, mais seuls 2,3 % des logements autorisés de la zone s’y trouvent.

Ce qui pousse en Île-de-France, ce n’est donc pas la ville : c’est la logistique aéroportuaire et un campus.


Le chiffre : 3 313 hectares, presque sans logement

Sur 1 294 mailles signalées dans le rayon, 947 hectares se situent aux deux paliers de confiance les plus élevés, et 622 hectares au palier maximal — soit la plus forte proportion de signal « confirmé » de toute la série. Traduction : quand le sol change en Île-de-France, il change franchement. Ce sont des plateformes, pas des lotissements.

Les zones détectées ne contiennent que 11 570 logements autorisés, dont 9 826 en collectif et 1 413 en individuel. À titre de comparaison, la couronne toulousaine, trois fois moins peuplée, en compte 35 568.

Carte de l'artificialisation détectée par satellite en Île-de-France entre 2017 et 2025 : 3 313 hectares de sol devenus bâtis, concentrés autour de Roissy avec Tremblay-en-France, Louvres, Aulnay-sous-Bois, et sur le plateau de Saclay à Palaiseau et Gif-sur-Yvette

La carte est saisissante : la petite couronne est presque vide de signal, et deux foyers ressortent — un arc nord-est autour de l’aéroport, un point sud-ouest sur le plateau.


Les trois foyers, nommés et datés

Roissy — 138 hectares à Tremblay-en-France

La plus grosse opération d’Île-de-France, et la deuxième de toute la série après les 151 hectares de Rezé : 138 hectares signalés, 31 mailles au palier maximal, zéro logement autorisé. Le sol bascule en 2022, avec un indice qui progresse de façon continue depuis 2019 — le profil d’une zone qui se remplit parcelle après parcelle plutôt que d’un chantier unique.

Les occupants sont sans ambiguïté : FedEx Express France (100 à 199 salariés, immatriculé en février 2017), Novadelta France (50 à 99 salariés, mars 2019), Flex Transport (50 à 99, septembre 2021), et 410 établissements créés au total dans le périmètre. À quelques kilomètres, Louvres ajoute 87 hectares basculés en 2021, avec Logistique NC (100 à 199 salariés, décembre 2019) et un entrepôt ba&sh (50 à 99, juin 2020) ; Roissy-en-France 43 hectares basculés en 2019, où Volkswagen Group France a immatriculé un établissement de 250 à 499 salariés en décembre 2017 ; Aulnay-sous-Bois 36 hectares basculés en 2019, autour du hub Chronopost.

Mis bout à bout, c’est un couloir logistique de près de 300 hectares qui s’est constitué en huit ans au nord-est de l’agglomération.

Le plateau de Saclay — 180 hectares et 2 000 logements

C’est l’autre visage de l’extension francilienne, et le seul endroit du rayon où le sol neuf accueille massivement des habitants. Trois opérations contiguës totalisent près de 180 hectares : Gif-sur-Yvette (69 hectares, 1 047 logements autorisés dont 1 036 en collectif, bascule en 2020), Palaiseau (51 hectares, 664 logements, bascule en 2020) et une seconde emprise à Palaiseau (59 hectares, 320 logements).

Le répertoire SIRENE y lit une installation universitaire et scientifique de premier plan : l’IUT d’Orsay (2 000 à 4 999 salariés, janvier 2020), l’ENS Paris-Saclay (1 000 à 1 999, janvier 2020), l’université Paris-Saclay (1 000 à 1 999, avril 2021), l’Institut de Recherches Internationales Servier (500 à 999, janvier 2023), le centre Danone Research Daniel-Carasso (250 à 499, juillet 2022), l’INRAE, l’Institut Servier d’innovation thérapeutique. Et derrière eux, la vie quotidienne qui s’installe : un Intermarché immatriculé en juin 2021, une pharmacie en novembre 2019, un tabac en septembre 2023, une boulangerie.

C’est le cycle complet d’un quartier neuf observé en huit millésimes : le sol bascule en 2020, les institutions arrivent en 2020-2021, les commerces suivent à partir de 2021.

Marne-la-Vallée — 64 hectares d’activités à Collégien

Troisième foyer, plus discret : à l’est, Collégien et Croissy-Beaubourg totalisent 64 hectares basculés en 2020, avec 389 établissements créés — Fiducial Sécurité (500 à 999 salariés, août 2021), Tergi (100 à 199, février 2020), Fenwick-Linde, Meiko France. Un parc d’activités classique, sans logement.


Ce que ça vaut commercialement

Les 11 570 logements autorisés dans les zones détectées représentent 774 000 m² de surface habitable et, à 27 636 € de dépense de consommation moyenne par ménage et par an dans les communes concernées, de l’ordre de 320 millions d’euros de consommation annuelle. Le chiffre est faible rapporté à la taille de l’agglomération — c’est tout le message : en Île-de-France, un plan d’implantation qui suivrait l’extension du bâti raterait 97,7 % du marché neuf.

Là où la donnée devient utile, c’est en la lisant commune par commune. Les logements autorisés dans les zones détectées se concentrent sur Massy (938), Gif-sur-Yvette (825), Chennevières-sur-Marne (652), Châtenay-Malabry (603), Orsay (573), Torcy (448) : ce sont les rares points de la couronne où de nouveaux ménages apparaissent sur du sol qui n’était pas habité, et donc les rares endroits où la demande n’est pas déjà servie par un commerce existant.

Côté activité, 12 583 établissements ont été créés depuis 2017 dans ces zones — dont 2 540 sociétés civiles immobilières qu’il faut retirer avant toute conclusion —, avec 742 commerces de détail, 416 établissements d’enseignement et 330 de restauration.


Comment c’est mesuré, et ce que ça ne voit pas

Chaque maille de 160 mètres est classée dans une typologie de douze tissus à partir de sa signature satellitaire annuelle ; seules basculent celles qui n’appartenaient à aucun tissu bâti en 2017 et appartiennent à un tissu bâti en 2025. La datation suit les neuf millésimes, calés sur des témoins restés agricoles et des témoins déjà bâtis pour neutraliser l’effet d’une année plus humide que la précédente.

Sur l’Île-de-France, la limite doit être énoncée clairement : la méthode ne voit ni la surélévation, ni la reconversion de friche, ni la démolition-reconstruction, qui sont les trois moteurs principaux du logement francilien. Le chiffre de 2,3 % ne dit pas que Paris ne construit pas ; il dit que Paris ne s’étale plus, ce qui est une information stratégique différente et tout aussi actionnable.

La méthode complète figure sur la page de l’outil, la comparaison des onze métropoles dans l’article pilier. Pour un projet francilien précis, voir notre page étude de marché à Paris et le simulateur de zone de chalandise.

Questions fréquentes.

L'agglomération parisienne s'étale-t-elle encore ?

Presque plus, au sens strict du sol. Sur les 511 530 logements autorisés entre 2016 et 2025 dans un rayon de 25 km autour du centre de Paris, seuls 11 570 — soit 2,3 % — se trouvent à proximité d'une maille de sol nouvellement bâtie. C'est de très loin le taux le plus faible des onze métropoles étudiées ; à Toulouse il atteint 28,7 %. L'Île-de-France produit son logement sur du foncier déjà urbanisé.

Alors qu'est-ce qui consomme du sol neuf en Île-de-France ?

Deux choses. La logistique aéroportuaire d'abord : Tremblay-en-France (138 hectares), Louvres (87 hectares), Roissy-en-France, Aulnay-sous-Bois, Mitry-Mory forment un arc continu autour de Roissy-Charles-de-Gaulle. Le plateau de Saclay ensuite, où près de 180 hectares et 2 000 logements accompagnent l'installation de l'université Paris-Saclay, de l'ENS et de centres de recherche privés. Un troisième foyer, plus diffus, se lit à l'est autour de Marne-la-Vallée.

Un chiffre de 2,3 % signifie-t-il que la méthode fonctionne mal à Paris ?

Non, il signifie que la méthode mesure ce qu'elle prétend mesurer : l'extension, pas la densification. Une friche transformée en immeuble reste classée en tissu bâti aux deux dates et n'apparaît donc jamais. À Paris, où la production de logements passe massivement par le renouvellement urbain, le faible taux est le résultat, pas un artefact. La validation locale reste positive : 12,9 % des mailles signalées ont un permis de logement à moins de 120 mètres, contre 2,2 % pour un témoin non signalé.

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La détection utilisée dans cette étude de l'aire parisienne couvre toute la France métropolitaine : 195 057 mailles de 160 mètres qui n'étaient pas bâties en 2017 et le sont devenues en 2025. Cherchez une commune, cliquez une maille, lisez le niveau de signal et le tissu d'origine.

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