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Strasbourg 2017-2025 : une raffinerie, un retail park et deux écoquartiers

14 août 2026 Par L'équipe SAD Marketing 5 min de lecture
Sommaire de l'article

L’Eurométropole de Strasbourg n’est pas la métropole qui s’étend le plus, mais c’est l’une de celles où la mesure est la plus nette. Le détecteur d’artificialisation y signale 1 480 hectares de sol devenus bâtis entre 2017 et 2025 dans un rayon de 20 km, dont 712 hectares — 48 % — aux deux paliers de confiance les plus élevés, la meilleure proportion de notre série « où la France se construit » avec Montpellier.

Trois opérations expliquent l’essentiel de la carte : une friche pétrolière reconvertie, un parc commercial et deux quartiers d’habitat.


Le chiffre : 1 480 hectares, dont 394 au palier maximal

Sur 578 mailles signalées, la vérification locale donne 24,2 % de mailles avec un permis de logement autorisé à moins de 120 mètres, contre 1,7 % pour un témoin non signalé — quatorze fois le hasard, l’un des meilleurs contrastes de la série, qui tient à la netteté du parcellaire agricole alsacien.

Les zones détectées concentrent 6 022 logements autorisés entre 2016 et 2025, soit 13,6 % de ceux du rayon, dont une majorité de collectif (4 399 contre 1 620 individuels) et 491 000 m² de surface habitable.

Carte de l'artificialisation détectée par satellite dans l'Eurométropole de Strasbourg entre 2017 et 2025 : 1 480 hectares de sol devenus bâtis, avec l'Écoparc rhénan de Reichstett, la zone commerciale de Vendenheim, Ittenheim, l'écoquartier d'Ostwald et Dachstein


Trois opérations, nommées et datées

Reichstett — l’Écoparc rhénan sur l’ancienne raffinerie (105 hectares)

C’est la plus grosse transformation de sol de l’Eurométropole, et un cas particulier intéressant : le terrain n’était pas agricole en 2017, il était nu. La raffinerie Petroplus, arrêtée en 2011, a été démolie et dépolluée ; en 2017 le site apparaît comme une surface minérale sans bâti, et c’est bien la reconstruction qui fait basculer les mailles.

105 hectares signalés, 16 mailles au palier maximal, bascule au millésime 2020. Les occupants s’immatriculent dans la foulée : POP France (100 à 199 salariés, août 2018), Hager Electro (100 à 199, décembre 2020), un transporteur (100 à 199, janvier 2022), La Poste (100 à 199, août 2022) — l’hôtel de logistique urbaine développé sur le site pour livrer l’agglomération en véhicules propres. Soixante-douze établissements créés au total dans le périmètre.

Pour un observateur du foncier économique, c’est le scénario idéal : une friche de grande taille remise sur le marché, dont on peut suivre le remplissage année par année.

Vendenheim — 49 hectares de commerce

Juste à l’ouest, une seconde emprise de 49 hectares, elle aussi avec 16 mailles au palier maximal et une bascule en 2020, mais d’une tout autre nature : les enseignes relevées dans le périmètre dessinent un parc commercial — Boardriders (juin 2025), MS Mode (septembre 2025), Nikos (juin 2024), et parmi les points de vente déjà installés 4 Murs, Ambiance & Styles, Armand Thiery, Adopt, un point relais Amazon.

La séquence est instructive : le sol bascule en 2020, les immatriculations d’enseignes s’échelonnent de 2024 à 2025. Quatre à cinq ans séparent la viabilisation du remplissage commercial — un délai que toute enseigne qui étudie un emplacement dans un parc neuf devrait avoir en tête.

Ostwald — l’écoquartier des Rives du Bohrie (421 logements)

Au sud, 26 hectares basculés en 2019 portent 421 logements autorisés, dont 416 en collectif : Bouygues Immobilier (191), une société de projet locale (144), une SCCV (81). Les points d’intérêt relevés — l’école du Bohrie, un Biocoop, un cabinet de kinésithérapie — signalent un quartier déjà vivant. C’est le profil inverse de Vendenheim : ici, les services suivent les habitants en moins de trois ans.

Dachstein et Ittenheim — l’axe ouest

Plus à l’ouest, deux emprises de taille moyenne : Dachstein (18 hectares, bascule en 2021), où Sermes a immatriculé un établissement de 200 à 249 salariés en mai 2023, et Ittenheim (31 hectares, bascule en 2022) le long de l’A351.


Ce que ça vaut commercialement

Les 6 022 logements autorisés dans les zones détectées représentent, à 26 375 € de dépense de consommation moyenne par ménage et par an dans les communes concernées, de l’ordre de 160 millions d’euros de consommation annuelle.

Le tissu créé dans ces zones compte 3 543 établissements depuis 2017 (dont 801 sociétés civiles immobilières), avec 226 commerces de détail, 212 établissements de santé, 97 d’enseignement et seulement 49 de restauration — le ratio restauration/logement le plus faible de la série, cohérent avec des extensions résidentielles très résidentielles, sans centralité commerciale nouvelle en dehors de Vendenheim.


Comment c’est mesuré

Chaque maille de 160 mètres est classée dans une typologie de douze tissus à partir de sa signature satellitaire annuelle ; seules basculent celles qui n’appartenaient à aucun tissu bâti en 2017 et appartiennent à un tissu bâti en 2025. La datation suit les neuf millésimes, calés sur des témoins restés agricoles et des témoins déjà bâtis pour neutraliser l’effet millésime.

Le cas de Reichstett rappelle une nuance utile : la méthode détecte le passage d’un sol non bâti à un sol bâti, ce qui inclut les friches rasées. Elle ne détecte en revanche ni la surélévation, ni la reconversion d’un bâtiment existant. La méthode complète est sur la page de l’outil ; la comparaison des onze métropoles dans l’article pilier.

Pour un projet alsacien, voir notre page étude de marché à Strasbourg et le simulateur de zone de chalandise.

Questions fréquentes.

Quelle est la plus grosse transformation de sol autour de Strasbourg ?

L'ancienne raffinerie de Reichstett, au nord de l'Eurométropole. Notre détection y relève 105 hectares de mailles devenues bâties, dont 16 au palier de confiance maximal, avec une bascule au millésime 2020. Le site de l'ex-raffinerie Petroplus, arrêtée en 2011 puis démolie et dépolluée, est devenu l'Écoparc rhénan : les immatriculations relevées dans le périmètre — Hager Electro, La Poste, POP France, un transporteur — datent l'arrivée des occupants entre 2018 et 2022.

Pourquoi Strasbourg a-t-elle une part si élevée de signal au palier haut ?

Parce que ses opérations sont franches et de grande taille : 712 hectares sur 1 480 se situent aux deux paliers supérieurs, soit 48 %, la meilleure proportion de notre série avec Montpellier. Une plateforme logistique ou un parc commercial fait basculer des mailles entières et sans ambiguïté ; à l'inverse, un mitage pavillonnaire diffus produit un signal faible. La géographie alsacienne, avec son parcellaire agricole régulier et ses opérations d'ensemble, se prête bien à la mesure.

Où sont construits les logements neufs de l'Eurométropole ?

Principalement à Oberhausbergen (706 logements autorisés dans les zones détectées) et à Ostwald (704), puis Reichstett (265), Eckbolsheim (255), Schiltigheim (249), Truchtersheim (225) et Mundolsheim (221). L'écoquartier des Rives du Bohrie à Ostwald ressort particulièrement : 421 logements autorisés dont 416 en collectif sur une seule emprise de 26 hectares, avec une bascule du sol en 2019.

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La détection utilisée dans cette étude de l'aire strasbourgeoise couvre toute la France métropolitaine : 195 057 mailles de 160 mètres qui n'étaient pas bâties en 2017 et le sont devenues en 2025. Cherchez une commune, cliquez une maille, lisez le niveau de signal et le tissu d'origine.

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