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Comment faire un relevé de prix chez la concurrence : la méthode, pas à pas

23 septembre 2026 • Par L'équipe SAD Marketing • 5 min de lecture
Sommaire de l'article

Un client qui juge un magasin « cher » ne compare pas votre ticket moyen au sien : il se souvient du prix de trois ou quatre produits qu’il achète chaque semaine. C’est l’image prix, et elle se construit sur un petit nombre de références. Un relevé de prix chez la concurrence sert à la mesurer sur des faits plutôt que sur des impressions — à condition qu’il soit comparable d’un magasin à l’autre et d’un mois à l’autre.

Ce guide détaille la méthode en six étapes, puis la façon de lire le résultat. Pour appliquer la méthode sans construire le fichier vous-même, notre tableau de relevé de prix concurrence est un modèle Excel gratuit : trois concurrents, prix unitaire et indice calculés, synthèse par rayon.


Pourquoi un relevé « à l’œil » ne suffit pas

Passer chez le voisin et noter qu’il « semble moins cher » produit deux erreurs systématiques. La première est un biais de sélection : on retient les écarts qui frappent — une promotion en tête de gondole, un premier prix agressif — et on oublie les références où l’on est soi-même mieux placé. La seconde est un biais de comparaison : un paquet de 500 g face à un paquet de 400 g, une marque nationale face à une MDD, et l’écart constaté ne dit plus rien.

Un relevé méthodique corrige les deux : un panier fixé à l’avance, des références strictement identiques, et un calcul qui pondère chaque produit de la même façon.


1. Construire le panier

Le panier est la liste des références que vous relèverez dans chaque magasin. Trois règles :

  • 60 à 150 références pour une lecture fiable par rayon. Moins, et une promotion isolée déplace l’indice ; plus, et le relevé devient une journée de travail par magasin.
  • Les produits d’appel d’abord : café, lait, huile, pâtes, lessive, couches en grande distribution ; les références les plus vendues dans les autres commerces. Ce sont eux qui font l’image prix.
  • Le mix de votre assortiment : marques nationales, marques de distributeur et premiers prix dans les proportions où vous les vendez. Un panier 100 % marques nationales mesure une politique de prix que vos clients ne voient pas.

2. Fixer la référence exacte

Chaque ligne du panier désigne une référence précise : marque, gamme, contenance. Quand le concurrent ne la vend pas, relevez l’équivalent le plus proche — même type de produit, contenance voisine —, signalez-le, et comparez le prix au kilo ou au litre plutôt que le prix affiché. Les MDD se comparent entre elles, à qualité et contenance comparables : c’est souvent là que se jouent les écarts les plus marqués.

Notez l’EAN quand il est lisible : il lève toute ambiguïté au moment de la saisie.

3. Relever le même jour

Les étiquettes changent : en fin de semaine, en début d’opération promotionnelle, parfois en cours de journée sur le frais. Un écart de trois jours entre deux relevés suffit à fausser la comparaison. Passez dans tous les magasins le même jour, sur le même créneau, et notez l’heure de début et de fin sur la grille.

4. Isoler les promotions

Relevez le prix affiché en rayon, promotion comprise, et signalez chaque promotion d’une case cochée. Vous pourrez ainsi calculer deux indices :

  • l’indice avec promotions, qui dit ce que paie le client ce jour-là ;
  • l’indice hors promotions, qui dit la politique de prix de fond de l’enseigne.

L’écart entre les deux est une information en soi : une enseigne dont l’indice de fond est élevé mais qui promotionne massivement ne se combat pas de la même façon qu’un discounteur au prix bas permanent.

5. Calculer l’indice de prix

L’indice compare chaque prix du concurrent au vôtre, base 100 :

Indice = prix du concurrent ÷ votre prix × 100

Un indice de 97 signifie que le concurrent est 3 % moins cher sur cette référence ; 105, qu’il est 5 % plus cher. On fait ensuite la moyenne des indices sur toutes les références présentes dans les deux magasins — jamais de zéro pour une référence absente, elle sort simplement du calcul —, puis la même moyenne rayon par rayon.

La moyenne des indices plutôt que le rapport des paniers totaux : sans cette précaution, une seule référence chère (un électroménager, une bouteille d’alcool) pèserait plus que vingt produits du quotidien.

6. Répéter à date fixe

Un relevé isolé est une photo. Répété chaque mois ou chaque trimestre, sur le même panier, il devient une trajectoire : un concurrent dont l’indice passe de 101 à 96 en deux relevés prépare une offensive, bien avant que la perte de trafic ne se voie dans vos caisses.


Lire le résultat

Trois lectures, dans cet ordre :

  1. L’indice global, avec et hors promotions : êtes-vous plus cher ou moins cher, et de combien ?
  2. L’indice par rayon : l’écart global cache presque toujours des situations opposées — plus cher sur l’épicerie, moins cher sur la droguerie. C’est là que se décide où agir.
  3. Les références où le concurrent est moins cher : parmi elles, les produits d’appel sont ceux qui coûtent le plus cher en image prix. Quelques repositionnements ciblés font souvent plus qu’une baisse générale.

Un écart de prix n’appelle pas toujours une baisse. Il se lit avec la zone de chalandise — profil et revenus des ménages, présence d’un discounteur à proximité — et avec l’offre : un assortiment plus large ou un service supérieur justifient un indice au-dessus de 100, à condition que le client le perçoive.


Passer à l’échelle

La méthode tient à la main jusqu’à trois ou quatre concurrents et une centaine de références. Au-delà — un réseau de points de vente, plusieurs zones, un suivi mensuel des drives et des sites marchands —, la saisie manuelle devient le goulot. C’est l’objet d’un relevé de prix industrialisé : collecte terrain et web, contrôle qualité, indice pondéré par vos ventes et restitution sous 48 heures. Pour une surveillance continue des prix en ligne, voyez aussi notre veille tarifaire.

Pour commencer dès cette semaine, téléchargez le tableau de relevé de prix : la grille imprimable pour le magasin, et le classeur Excel qui calcule les indices.

Questions fréquentes.

Est-il légal de relever les prix chez un concurrent ?

Les prix affichés en rayon sont une information publique, et le relevé de prix est une pratique courante du commerce. Le magasin reste en revanche maître de son espace : il peut refuser la prise de photos et demander à un enquêteur de sortir. La méthode la plus sûre reste le relevé manuel, discret et daté ; le drive et le site marchand de l'enseigne permettent aussi de relever sans passer en magasin, avec l'écart de prix entre canaux à garder en tête.

Combien de références faut-il relever ?

Entre 60 et 150 pour une lecture fiable par rayon. En dessous de 40, une seule promotion déplace l'indice de plusieurs points ; au-delà de 200, le gain de précision ne justifie plus le temps passé en magasin. L'important est la composition : marques nationales, MDD et premiers prix dans les proportions de votre propre assortiment.

Comment calculer un indice de prix ?

Pour chaque référence présente chez vous et chez le concurrent : prix du concurrent ÷ votre prix × 100. On fait ensuite la moyenne des indices, globalement puis par rayon. Base 100 = votre magasin : 96 signifie que le concurrent est 4 % moins cher sur les références comparées. Une référence absente d'un magasin est exclue du calcul, jamais comptée à zéro.

À quelle fréquence faut-il faire un relevé de prix ?

Mensuellement pour un marché très concurrentiel ou en période d'inflation, trimestriellement sinon, et ponctuellement avant une ouverture ou à l'arrivée d'un concurrent. La régularité compte plus que la fréquence : c'est la comparaison d'un relevé au précédent, sur le même panier, qui révèle une offensive prix.

Relevé de prix en magasin ou en ligne ?

Les deux ne mesurent pas la même chose. Le site et le drive donnent un relevé rapide et exhaustif, mais leurs prix peuvent différer de ceux du magasin, parfois de plusieurs pour cent. Pour juger l'image prix perçue par vos clients de proximité, le relevé en magasin reste la référence ; le relevé en ligne sert la veille continue et le suivi d'un grand nombre de références.

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